Haute-Garonne

Sur les crètes de Cornudère (1560m), un 14 décembre sans neige…

On aura pu bénéficier de la douceur exceptionnelle, mais plus aussi exceptionnelle que ça, pour aller marcher sur les crêtes de Cornudère et évaluer la quantité et la qualité de la neige sur les montagnes environnantes plus hautes. En effet, le formidable panorama, notamment sur les hautes montagnes du Couserans (du Valier au Crabère, ils sont tous là), et au premier plan le massif du pic de la Calabasse, permet de faire un état des lieux malheureusement sans concession de l’enneigement. Il restait, sur Cornudère et Paloumère, ici ou là en versant nord quelques arpents de neige, bien durs, car il est vrai que les nuits restent fraîches, mais c’est tout.

Photo 1 : La cabane et le sommet de Cornudère (Photo de C.)

Le circuit classique, hyper-commenté et décrit sur d’autres sites internet, nous porte depuis le parking de la fontaine de l’ours, au dessus d’Arbas (31) vers le trou de l’église sur la crête de Cornudère, par une montée franche d’environ 400 mètres de dénivelé. Cette portion est entièrement dans la forêt domaniale du Pic de Paloumère, très largement peuplée de Hêtres, principalement affectée à la production de bois d’oeuvre et de bois de feu feuillus, tout en assurant la protection physique contre les chutes de blocs mais aussi les crues torrentielles que ces versants nord raides ne manqueraient pas de connaître. Elle protège également les milieux et les paysages, notamment le biotope du grand tétras. Sur le versant sud, sur lequel on débouche, on aura tôt fait de repérer la très bonne petite cabane de Cornudère (même s’il n’y a pas de source d’eau à proximité). Le temps d’un aller-retour au débonnaire sommet de Cournudère (1561m) à l’est et, en revenant, on fera le tour du fameux trou qui n’est qu’une doline, en fait une dépression circulaire formée par l’érosion des calcaires en milieu karstique pour atteindre la dite cabane. On constatera qu’évidemment le panorama de là y est formidable (du Saint-Barthélémy au pic du Midi de Bigore, en passant par la Maladetta et le Luchonnais, et le Cagire). Et cette impression d’immensité avec la vue également sur le piémont, ne nous quittera pas de tout l’itinéraire sur la ligne de crête jusqu’au petit col juste avant le Tuc des Haurades, après être passé par le Tuc de Tucoul (1569) et le Cap des Tèches (1574m) point culminant de notre itinéraire. On n’a plus qu’à redescendre vers la cabane de Roque-Py puis en empruntant la piste qui pénètre dans la forêt, aller rejoindre le parking pour achever la boucle du jour en moins de trois heures en ce qui nous concerne.

Photo 2 : Au fond, à droite, le Mont Valier…

Photo 3 : Depuis le Tuc des Haurrades, vue en direction du piémont et Saint-Gaudens. (Photo de C.)

Ce massif est assez fréquenté et on aura été bien avisé de décoller assez tard finalement dans l’après-midi, pour terminer à la tombée de la nuit comme j’aime. J’ai l’habitude de sortir ainsi et d’éviter la fréquentation de plus en plus forte des montagnes. Et puis lorsque le soleil descend et que la lumière retombe, l’ambiance est plus apaisante. Ce massif est depuis longtemps fréquenté. On sera alors bien content de pouvoir trouver et lire le livre de Jacques Verdier Il a neigé sur Paloumère relatant l’histoire d’un passage clandestin en Espagne, pendant la Seconde Guerre mondiale, au départ du hameau de La Baderque. Le livre publié aux éditions La Loubatières est aujourd’hui épuisé et vous ne le trouverai qu’à des prix de collectionneurs. Alors pour ceux qui connaissent un temps soit peu le secteur, on s’y retrouvera agréablement dans la lecture, même si cette dernière nous conduit au-delà du massif. Mais cette ligne de crête, de ce petit massif nord pyrénéen, est un lieu dans lequel on peut se rendre à n’importe quel moment de l’année, en prenant les précautions de mise bien sûr, et surtout s’en jamais s’en lasser.

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