Le lac du Serpent (2448m) et celui de Laramon (2359m) dans la vallée de la Clarée ou Névache au dessus de Briançon offrent une vue splendide sur la haute chaîne glaciaire des Écrins derrière la première ligne de crête de la Tête de la Cassille, plein sud. En ce lundi 19 octobre, la nébulosité chargée ne nous a permis que de l’apercevoir. Nous étions cependant, sans autre ambition, venus pour admirer les couleurs d’automne, et dans ce domaine, nous n’avons pas été déçus. Avec un si joli nom, la vallée de la Clarée offre sur fond vert des épineux une palette flamboyante à qui les peupliers, bouleaux et mélèzes donnent vie. L’accès est facile et rapide, au final une petite heure et demi pour gravir les 600 mètres de dénivelé depuis le parking près de la chapelle Sainte Marie à 1861 mètres d’altitude, par la piste qui monte au refuge de Ricou (2118m) puis par un large sentier. Il est évident que de tels joyaux sont très fréquentés l’été venu et que le milieu environnant s’en trouve endommagé. C’est déjà un enchantement que de remonter la vallée en voiture alors que la fréquentation est faible et que les couleurs sont là. Avec tous ses vieux bâtiments, les prés, on repensera forcément à la lecture de Une soupe aux herbes sauvages d’Emilie Carles qui a grandit et vécu dans la vallée, à Val des Prés.

La végétation de type alpine y subit des influences méditerranéennes marquées mais qui s’amenuisent au fur et à mesure de la montée avec une affirmation pastorale indéniable. Les mélèzes se mélangent aux pins sur les versants. La Clarée vient se jeter en aval dans la Durance alors que celle-ci est bien plus courte et d’un débit bien moindre. Les mélèzes sont omniprésents dans la paysage et c’est peut-être ce qui a donné le nom au lac de Laramon, car selon une des interprétations, le préfixe Lar/Lare se retrouve parfois dans les Alpes pour désigner cet arbre, ce qui voudrait dire la montagne aux mélèzes. Selon une autre version, avec des racines pré-indo-européennes, le préfixe signifierait des pentes ou replats herbeux.
Merci Agnès pour cette balade

« Le panorama sur l’autre versant avec le refuge était magnifique malgré la brume, d’autant plus que les sommets les plus hauts avaient été fraichement blanchis par la première neige. Bien sûr, l’arrivée sur chacun des lacs enchantait les yeux d’autant plus que nous étions quasi seuls ce qui renforçait le sentiment de privilège. Cependant ce qui était vraiment remarquable lors de cette marche, ce fut la palette flamboyante éblouissante que nous offraient les arbres ce jour d’octobre le temps d’une éclaircie: les peupliers dorés aux airs de gingkos, les mélèzes qui se déclinaient du vert au jaune-orangé, les sorbiers et églantiers aux fruits rouges si photogéniques et surtout les bouleaux dont le feuillage cuivré pouvait virer au vermillon ce qui m’a évoqué les tableaux du peintre lorrain Charles Peccatte qui a représenté à plusieurs reprises les bouleaux automnaux proches de Baccarat (certains d’entre eux sont visibles à la villa Majorelle de Nancy et au musée des beaux arts de Nancy). De quoi faire oublier le froid qui -enfin- s’annonce. » (Catherine)
