Voici un sommet que j’aime aller visiter en fin d’après-midi ou début de soirée lorsque la lumière commence à décliner. Sa position en avant de la chaîne axiale permet d’avoir un vaste panorama éclairé sur celle-ci, du Tarbesou au pic du Midi. La vue sur le massif des 3 Seigneurs, le pic du Mont Ceint, vers le Tuc de la Coume au nord ouest et surtout sur le bel étang de Lers en contrebas permet de prendre des repères sur cette région des Pyrénées. Sa courte ascension depuis la route qui descend du col d’Agnès (1590m) vers l’étang de Lers n’en est pas moins légèrement engagée car l’itinéraire non balisé a tôt fait de rejoindre la ligne de crête sur le fil entre le pic et notre objectif. Un ou deux passages pourront mettre ceux qui ont le vertige mal à l’aise. Le versant sud domine en effet Aulus les Bains de plus de 1000 mètres et les parois sont raides. On a donc l’impression aussi d’avoir fait l’ascension d’un haut sommet. Il faudra donc s’engager dans un virage de la route en descendant, là où une amorce de sentier semble démarrer, remonter la combe déboisée puis sous le haut du versant se diriger à flanc vers le petit col entre le pic de Lanote et le reste de la crête qui part vers le sommet.



Ce massif est aussi une zone où le bouquetin, récemment réintroduit dans la chaîne, a trouvé un terrain privilégié. Parfois, il sera facile d’en apercevoir au bord de la route sans trop se fatiguer. Mais le massif avec ses parois raides est un lieu favorable. Je ne parlerai pas plus de l’animal et je renverrai au très beau livre de Julien Canet, spécialiste suivi bouquetin au PNR de l’Ariège, Lyre, le bouquetin, un héritage pyrénéen. Celui-ci précise bien dans l’introduction: « Cet ouvrage n’a pas pour vocation de traiter de la biologie de l’espèce. Jean Paul Crampe, dans son livre « Le bouquetin aux Pyrénées », l’a déjà parfaitement réalisé. Ici, nous voyageons sous forme d’allers-retours entre la Préhistoire et le présent; un parti pris poétique pour parler du bouquetin, de ce que le coeur éprouve quand nos regards se lient. » On repensera alors avec émotion à ceux représentés dans la grotte de Niaux.

Enfin, de par sa nature calcaire, on aura le loisir d’observer sur le versant est notamment des lapiez et des entrées de grottes qui ouvrent sur le vaste réseau de galeries souterraines, un des plus étendu de l’Ariège. Cela veut dire aussi, qu’il sera très difficile de trouver de l’eau.

